Week end tests VSH 2017

Dans les épisodes précédents, nous vous avons expliqué que les abeilles hygiéniques, c’est à dire celles qui détectent précocement les nymphes « malades » dans les alvéoles et les extraient rapidement avant que la loque ou d’autres maladies du couvain ne se propagent doivent être sélectionnées.  Notre but étant de produire (de façon naturelle) des abeilles résistantes au varroa, il nous semble capital de pouvoir relier d’une part ce comportement hygiénique qui représente l’immunité adaptative des abeilles -un peu comparable à celle qui nous permet de produire des anticorps- et d’autre part la « résistance » au varroa.  En effet, et c’est ce que représente cette dernière vidéo, ces abeilles sont appelées VSH parce qu’elles ont un comportement hygiénique spécifiquement dirigé contre le varroa.  Ainsi, nous essayons de sélectionner les abeilles, qui détectent rapidement et extraient les nymphes contaminées.  Néanmoins, y-a-t’il corrélation entre le comportement hygiénique général dont on vous a parlé dans les épisodes précédents, et le comportement spécifiquement dirigé contre le varroa ? That is the question.  Les études sont en cours comme vous avez pu vous en rendre compte, et nous ne manquerons pas de vous donner les résultats en primeur.

A la chasse aux varroas

Nous allons reprendre les choses au début.  Quand on veut lutter contre un fléau, il faut d’abord connaître son ennemi.  Dans ce billet et dans la vidéo associée, nous allons successivement voir comment évaluer la charge en varroas des colonies, puis dans le contexte particulier de nos recherches comment prélever un nombre important de parasites dans le but d’ensemencer les colonies à tester.

Parmi les méthodes qui permettent de compter (ou plutôt d’estimer) le nombre de varroas présents dans une ruche, nous avons choisi ici la méthode du lange graissé (sticky board).  C’est la moins performante, mais la plus simple.  Elle nous suffit dans le cas présent.

En fait, pour estimer le nombre de varroas dans une colonie, la méthode simplifiée de référence consiste à prélever environ 300 abeilles, les placer dans un récipient avec soit de l’éther (le mieux) soit de l’alcool à 70°, soit un détergent ou un surfactant comme du Tween ou du Triton.  Un liquide du type lave-glace est parfaitement efficace à faible coût.  Après agitation et séparation par filtration, le nombre de varroas est compté et le nombre de varroas présent dans la ruche est estimé (voir plus loin).  C’est ce que nous avons déjà préconisé précédemment, en particulier avec l’appareil EasyCheck.

La méthode du lange graissé consiste à placer sous la ruche (dont le fond doit impérativement être totalement grillagé) une feuille de plastique, carton fin glacé, … recouvert d’un film gras (plutôt une huile alimentaire neutre que du suif ou du saindoux qui vont rancir trop vite).  Le principe est d’empêcher les varroas tombés de fuir ou surtout de se faire transporter par les fourmis qui en sont friandes.  Après trois jours (plus en début de saison, moins lorsque la charge augmente en fin de saison), on compte le nombre de varroas tombés et on le rapporte au nombre de jour, ce qui donne le nombre de chutes journalier.  En l’absence de couvain (reine encagée par exemple) on multiplie par 250-500 pour obtenir le nombre de varroas.  En présence de couvain (situation la plus fréquente) on multiplie par 20-40.

Ceci permet à chaque apiculteur de surveiller ses ruches au long de l’année.  Pour nous, cela nous permet en plus de savoir quelles ruches seront de « bonnes » pourvoyeuses de varroas.

L’étape suivante va consister à récolter des varroas dans le but d’infester nos colonies (du moins celles que l’on veut tester).  Le paradoxe est que no colonies sont de plus en plus VSH (Varroa Sensitive hygiène), c’est à dire qu’elles nettoient les cellules contaminées.  Nous avons du mal à avoir des témoins infestés.  C’est pourquoi il est important que la communauté nous aide.

Nous utilisons la technique du sucre glace.  Cette technique qui est imparfaite pour le comptage est idéale pour la récolte des varroas.  En effet, elle préserve les abeilles que l’on peut réintroduire dans la ruche.  Attention, car les varroas ainsi prélevés et maintenus en milieu humide hors de la ruche ont une espérance de vie fortement diminuée (seulement 50% sont survivants à 24 h), c’est pourquoi il faut les introduire rapidement après prélèvement (en général le temps d’aller d’un rucher « donneur » à un rucher « receveur »).  Il est important d’avoir des papiers d’introduction dont la charge en varroas est homogène.  En effet, la variabilité introduite va s’ajouter aux autres facteurs de variabilité.

Le cynips du châtaignier : présentation du problème

Depuis plus de 700 ans la race humaine entretient une relation particulière avec le châtaignier.

Cette espèce se satisfait de sols acides, ce qui permet de valoriser des terres qui ne convenaient pas pour la cultures de céréales. Il apporte son bois pour la menuiserie, la construction, l’agriculture (clôtures, poteaux), le chauffage, et l’amidon de ses châtaignes permet de nourrir les hommes et les animaux.

Malheureusement, dans notre région les châtaigniers sont attaqués par un parasite provenant de chine, le cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus), et qui colonise l’Europe depuis 2002. La carte ci-dessous indique l’état de l’infestation en France en 2014.

Si nous n’intervenons pas, ce sera la fin d’une belle relation entre les châtaigniers et les habitants de nos régions. Sans parler des nombreux insectes pollinisateurs et de la faune sauvage pour qui les fleurs de châtaigniers et leur fruits représentent des ressources alimentaires qui pourraient disparaitre sous 3-4 ans.

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Le cynips du châtaignier : biologie du parasite

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Le nom commun de ce parasite est le « Cynips du châtaignier » ou Dryocosmus kuriphilus.

Source : Wikipedia

Originaire de Chine, il serait apparu en 1940 au Japon et en Corée, en 1974 aux États-Unis et seulement en 2002 pour la première fois en Europe.

L’espèce a été repérée en Italie, puis en 2005 en Slovénie et en 2007 dans le sud de la France (Saint-Dalmas-le-Selvage et Valdeblore dans les Alpes-Maritimes) où il a été rapidement éradiqué en brûlant les arbres infestés.

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