GANDI soutient le CETA MELLIFERA

Des nouvelles du projet de gestion informatisée des pedigree d’abeilles.

Le CETA MELLIFERA poursuit son projet d’application de gestion informatisée des pedigree d’abeilles.
L’abeille mellifère est connue pour être très sensible aux problématiques de consanguinité.
L’amélioration de la qualité de nos abeilles passe par la gestion des croisements que nous effectuons et aussi la traçabilité et la cotation des caractéristiques comportementales.

Index Mellifera est projet dont les premières spécifications remontent à 2014.
Aujourd’hui, après
plusieurs cahier des charges, des heures et des soirées de réunions, développements informatiques, ce projet est devenu une application développée bénévolement par les membres du CETA MELLIFERA.
C’est également la reprise de bientôt 100 ans de pedigree, y compris ceux du Frère Adam, consultables gratuitement par la communauté des apiculteurs.

Index Mellifera est hébergé sur le domaine du CETA MELLIFERA, et qui nécessite toute une infrastructure informatique, serveur etc. hébergés chez GANDI.

Bien entendu, toute ces ressources représentent un coût (hébergement, matériel, exploitation…), et GANDI convaincu de l’intérêt la cause que nous poursuivons, a bien voulu nous soutenir en prenant ces frais à sa charge.

 

Merci GANDI !   🙂                      

Des jachères apicoles aux Molières

Des jachères apicoles aux Molières.

 

Les colonies d’abeilles souffrent d’une augmentation impressionnante de la mortalité annuelle.  Le constat est dramatique, tant pour l’abeille domestique que pour l’ensemble des insectes pollinisateurs. La France se situe en bas du classement vertueux avec un taux de 23,4 % de mortalité (H Maurey, rapport fait au Sénat le 22 mars 2017).  Déjà en 2013 un rapport de Greenpeace montrait que l’Europe se situait autour de 20 %.

 

Le problème est multifactoriel.  Le changement climatique, les produits phytosanitaires (néonicotinoïdes par exemple), les agents infectieux (bactéries, virus, champignons, parasites divers), et pour finir le frelon asiatique menacent la survie des insectes pollinisateurs.

Les changements de nos paysages observés depuis 50 ans (remembrement intensif, monoculture prédominante) aggravent la situation en diminuant la diversité de la ressource alimentaire des pollinisateurs.  Cette malnutrition conduit à une baisse de leur immunité et de leur longévité.

Les jachères apicoles semblent être une des réponses à apporter. L’implantation systématique de jachères mellifères fait partie des méthodes qui permettent de lutter contre cet appauvrissement de la ressource, avec la restauration des haies ou l’arrêt du fauchage systématique des bordures des routes.  C’est pourquoi, L’Europe a mis en place depuis 2013 un programme d’écologisation des terres.

© Martin Speck, https://commons.wikimedia.org

Notre association travaille actuellement sur un projet d’implantation de jachères apicoles sur les communes de la Communauté de Communes du Pays de Limours afin d’apporter tout au long de l’année les ressources nécessaires à l’ensemble des insectes pollinisateurs par une diversité florale. Les jachères permettent la réintégration du toute une chaîne alimentaire.

Pour le printemps prochain, l’association CETA MELLIFERA projette de semer quelques surfaces de plantes mellifères.

Nous encourageons chacun dans cette démarche.  Nous ne manquerons pas de vous donner des nouvelles du projet.

 

Qu’est-ce qu’une jachère ?

Une jachère désigne une terre labourable ne donnant pas de récolte. Historiquement et étymologiquement, la jachère désigne une terre labourable qu’on laisse temporairement reposer en ne lui faisant pas porter de récolte (jachère dite « traditionnelle » ou « agronomique »). La « jachère aidée », (jachère dite « institutionnelle » ou gel), liée à la réforme de la PAC (Politique Agricole Commune) de 1992 et supprimée en 2009, donnait droit à des aides.  Une jachère pouvait être « aidée » et recevoir des cultures destinées exclusivement à des fins non alimentaires (jachère dite « industrielle » ou « non alimentaire »). Les aspects biodiversité ainsi que les jachères sont toujours au cœur de la PAC mais la finalité a évolué par la prise en compte plus générale des Surfaces d’Intérêt Ecologique (SIE).  Parallèlement, les dispositifs de financement ont également évolué.

Attention ‼!  Jachère fleurie ne veut pas dire jachère apicole.  La jachère fleurie se situe le plus souvent en milieu urbain, elle comporte de jolies fleurs, mais celles-ci ne sont en général pas mellifères.

Ceci ne veut pas dire que les fleurs mellifères ne peuvent pas agrémenter nos espaces visuels.  Voici deux exemples simples, le sainfoin qui a fait la réputation du miel du Gâtinais à gauche et la phacélie à droite (images pixabay ):

 

Pourquoi des jachères apicoles ?

La jachère apicole permet d’apporter dès le début du printemps et jusqu’à la fin de l’automne les ressources qualitatives et quantitatives nécessaires aux abeilles et à l’ensemble des insectes pollinisateurs par une diversité florale.  Elle contribue à limiter les carences alimentaires en fournissant:

  • le nectar qui apporte les glucides.
  • Les pollens qui apportent les lipides et surtout les protéines dont la carence est en partie à l’origine du mal.

Ceci permet de renforcer la colonie pour lui permettre de mieux passer l’hiver et avoir un meilleur développement du couvain. Les butineuses qui ont eu une alimentation en pollen, et donc en protéines, en qualité et en quantité suffisantes, vont être capables de vivre 20 à 30 jours de plus que des butineuses à l’alimentation pollinique insuffisante et / ou carencée.

 

Qui sont les acteurs de la chaine vertueuse ?

 

Les agriculteurs

Dans les années 1990, les jachères ont été instaurées dans le cadre de la PAC afin de limiter certaines productions céréalières.  Actuellement, elles font partie des SIE.

Les agriculteurs, cultivateur céréaliers, les arboriculteurs sont le premier maillon de cette chaine. Sans leur action conjuguée rien n’est réalisable à grande échelle. Ils possèdent toute l’expérience et l’historique de la qualité des sols, détiennent la plus grande surface des terres, possèdent le matériel adéquat, les contacts et les prix auprès de leurs semenciers.

Depuis 2013, dans le cadre du « verdissement » de la PAC les agriculteurs ont l’opportunité de bénéficier, en plus du DPB (Droit au Paiement de Base) de la PAC, d’un complément de 30% de la valeur de cette subvention (le « paiement vert ») s’ils mettent en place les pratiques suivantes :

– maintien des prairies permanentes ;

– instauration d’une diversité des assolements ;

– maintien ou création des SIE.

Les SIE sont en fait des infrastructures que l’agriculteur s’engage à déclarer et à protéger sur minimum 5 % de la surface de son exploitation, et qui permettent de sauvegarder la biodiversité. Elles peuvent être de différentes natures : agroforesterie, surfaces boisées, bordures de champs, légumineuses, taillis, …

Plus particulièrement, le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse (PNR) qui est implanté sur les départements de l’Essonne et des Yvelines propose des mesures agro-environnementales et climatiques (PAEC / MAEC) en association avec les directions départementales et la région Ile de France.  Le parc incite les agriculteurs à s’engager dans une démarche « verte », en particulier en finançant des contrats sur 5 ans à hauteur de 600€ l’hectare/an en complément de la PAC.  Plusieurs formes de couverts sont alors proposées en fonction des spécificités de chacun.

 

Les chasseurs

Les chasseurs ont été les premiers à s’intéresser au verdissement des terres, et aux jachères.  Ils représentent un groupe de pression très important, et sont en relation étroite avec les agriculteurs. Ils ont eu l’idée d’utiliser ces terres désignées comme non productives pour semer des plantes afin de nourrir et abriter le gibier. Par ailleurs, certains cultivateurs ont fleuri des parcelles laissées au repos avec des essences d’agrément qui permettent d’anoblir leurs sols.  Ceci a conduit à la signature de contrats JEFS (jachères environnementales faune sauvage) entre les agriculteurs et les Fédérations Départementales de Chasseurs, qui financent les semences soit sur leurs fonds propres, soit grâce à des subventions des collectivités territoriales.

 

L’espace public et fleurissement alternatif

 

Le fleurissement des villes et des villages est une pratique ancienne à laquelle les habitants autant que les élus sont très attachés. Mais aujourd’hui, il revêt de nouveaux enjeux : il participe toujours de l’embellissement du cadre urbain, mais doit aussi tendre vers une économie de ressources (eau, énergie), un retour de la biodiversité et l’absence de produits phytosanitaires. D’autres questions se posent aujourd’hui : pourquoi ne pas faire des parterres à d’autres fins qu’esthétiques ? Ne peut-on pas utiliser des plantes sauvages en ville ?

Voilà pourquoi on parle aujourd’hui de fleurissement alternatif.

 

Les prairies et jachères fleuries, dont les jachères apicoles, en font partie. Un de leurs avantages est également de pouvoir être installées sur divers espaces : aux abords d’équipements publics, en frange des bourgs, sur des ronds-points ou des délaissés routiers, en bord de routes ou de chemins en lisière des champs cultivés, sur un talus, sur des espaces laissés libres dans des parcs urbains…

Comme souligné précédemment, le Parc Naturel Régional de la Haute Vallée de Chevreuse est en capacité d’apporter son soutien technique et financier sur des projets individuels et communaux de grande envergure.  On notera : Les jachères mais aussi les haies, les talus, les mares, les berges de ruisseaux…

Les Molières (commune en bordure du parc, siège du CETA Mellifera) développe une politique volontariste en ce domaine.

 

 

Les citoyens

Enfin, les citoyens peuvent contribuer à rétablir une diversité florale par une initiative personnelle.  Ainsi, si chaque particulier sème 1 à 2 m² de jachère sur sa pelouse l’ensemble de ces actions menées suffirait amplement.  En dehors des jachères, les particuliers peuvent contribuer de diverses façons en associant la démarche agrément des espaces verts à l’enrichissement nutritionnel, par exemple en transformant les classiques haies de conifères en haies vives.  La haie bocagère contribue à la richesse du milieu naturel en favorisant la biodiversité : de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de petits mammifères y trouvent abri, nourriture et lieu de reproduction. La présence de cette faune a pour effet de diminuer le risque de maladies et de parasites des végétaux du jardin.

La liste suivante permet d’implanter une haie bocagère simplement:

Prunellier, Charme, Aubépine blanche, Erable champêtre, Églantier, Cornouiller sanguin, Noisetier, Viorne obier, Charme, lilas, forsythia, groseillier, abelia, chèvrefeuille, weigelia, seringa , spirée.

Le Buddleia est une plante invasive. Il ne faut surtout pas la planter!!

Comment implanter une jachère apicole ?

Les essences à semer

Il faut rester simple et surtout implanter des espèces adaptées au terrain et au climat.

L’ITSAP donne une liste de mélanges simples qui ont l’avantage d’avoir été testés. L’article de Xavier Janssens et col paru dans Apidologie en 2006 (en français) donne une liste exhaustive avec des clés pour choisir les plantes en fonction du terrain.

Nous préconisons un mélange de sainfoin/phacélie/trèfle blanc/mélilot/sarrasin, sans cosmos. La phacélie a un côté très décoratif qui peut remplacer celui du cosmos.

Les principales espèces mellifères sont décrites dans le tableau suivant.

NOM FAMILLE Période de semis (printemps) Période de semis en été Epoque de floraison Potentiel mellifère

(kg / ha)

Sainfoin Fabacées *

annuelle

MARS/AVRIL JUIL/SEPT JUIN/SEPT 100-200

résiste à la sècheresse

Phacélie Boraginacées

annuelle

AVRIL/MAI JUIL/AOUT JUIN/SEPT 200-500
Trèfle blanc Fabacées *

vivace

MARS/AVRIL AOUT/SEPT JUIN/OCT ≈100

Butinage facile pour l’abeille

Trèfle d’Alexandrie Fabacées *

annuelle

AVRIL JUIL/AOUT MAI/OCT 100-200

 

Trèfle Violet Fabacées *

vivace

MARS/AVRIL AOUT/SEPT JUIL/SEPT 200-500
Sarrasin Polygonacées

annuelle

JUIN/AOUT JUIL/SEPT 50-100
Mélilot blanc Fabacées *

bisannuelle

 

 

MARS/SEPT

JUIN/OCT

bisannuelle

300-450

résiste à la sècheresse

Mélilot Jaune Fabacées *

bisannuelle

JUIN/OCT

bisannuelle

200

bon engrais vert

Lotier corniculé Fabacées *

vivace

 AVR/JUIN AOUT/OCT JUIN/SEPT 50-100

résiste au froid

* Les fabacées sont couramment appelées légumineuses.

 

 

Pour les particuliers, il suffit de semer quelques mètres carrés avec un minimum de 5 espèces afin d’apporter les sources en pollen et en nectar. Mais il ne faut pas se restreindre. On peut trouver en jardinerie des mélanges divers et variés qui permettent en plus l’agrément du jardin.

L’opération « Plantons le Paysage » du parc naturel permet aux particuliers de bénéficier de 10% de réduction sur les plants d’essences locales dans les jardineries et pépinières locales.

Comment semer ?

Choisir une parcelle de votre terrain, retirer les herbes invasives, ratisser pour enlever les pierres et  aérer suffisamment le sol, préparer de petits sillons pour recevoir les graines.

Semer les graines à la volée légère en surfaces par petites poignées en croisant le passage. A l’aide d’un outil plat tasser pour mettre les graines en contact du sol ne pas enfouir.

Arroser en pluie fine. Le semi dois être arrosé pendant 4 jours pour permettre la germination. La floraison apparaitra après 6 à 8 semaines.

Sans oublier les espèces arbustives ou buissonnantes en plantant des haies bocagères. Il faut compter un minimum de 40 € pour une douzaine de plants.

 

Les fournisseurs de semence.

Les réseaux d’apiculteurs ayant engagé cette démarche conseillent de se tourner vers des semenciers BIO évidemment. La liste suivante n’est absolument pas exhaustive:

Agrosemens, Partner & Co, Semences Biologiques, les Semences de Margot, Sem Bio, …

 

Financements.

Le financement des semences prévu par la PAC n’a pas été reconduit. Néanmoins, les agriculteurs peuvent se faire financer en déclarant les SIE sur telepac.

Pour les apiculteurs, les associations, les particuliers, des solutions alternatives peuvent exister.

Ainsi, les petits réseaux apicoles ont trouvé les financements par les collectivités territoriales, les mairies, les conservatoires, ou encore par des participations citoyennes.

Projet du CETA des Jachères mellifères aux Molières

Projet de l’association CETA Mellifera.

L’association CETA Mellifera est une association à but non lucratif régie par la loi 1901, ses adhérents travaillent notamment à la sélection d’abeilles au comportement Hygiénique sur plusieurs ruchers disséminés sur la commune des Molières.

Au travers de cet article, l’association CETA Mellifera a pour objectifs :

  • le bien être de nos colonies d’abeilles sur les ruchers des membres et plus globalement des pollinisateurs;
  • de réveiller les consciences et d’encourager, conseillers toutes les actions individuelles et collectives ;
  • de mettre en relation des acteurs de ce territoire ;
  • de fleurir par une grande variété d’essences sur une plus longue période (jusqu’à octobre) ;
  • et pourquoi ne pas, avoir une reconnaissance environnementale ABEILLE sur la commune concernée ;
  • dune approche plus respectueuse de notre environnement moins de perte sur les ruchers par une meilleure gestion de la qualité des ressources.

 

En 2018, notre association aurait pour objectif d’effectuer, dès le printemps, des semis sur de petits terrains libres mis à disposition temporairement par la mairie des Molières. Les services techniques municipaux devraient semer de petites parcelles et abords disponibles tel que des ronds point ou le pourtour du stade (Cf. carte) des allées en herbes.

L’association participera le 24 mars à un événementiel municipal autour de l’alimentation locale et du bio. Lors d’une conférence notre projet sera exposé aux résidents afin d’étendre notre démarche. Si les moyens financiers le permettent, l’achat en gros de graines permettrait une distribution dans de petits sachets individuels distribués à la grainothèque du village (lieu d’échange de graines entre particuliers).

Ces sachets peuvent faire l’objet d’un support de communication et d’affichage de nos partenaires et soutiens financiers. (Mécénat)

Enfin, un cultivateur et une société de chasse sont disposés à nous confier des parcelles si les moyens nous le permettent.

Nous ne disposerons pas du budget indispensable (1100 €) pour financer les frais de fonctionnement (carburant tracteur) et l’achat des semences spécifiques.

Pour le travail de la terre 3 passages sont nécessaires coût estimé 500 € (baremeentraide2015.pdf)

  • travail préparatoire du sol
  • semis
  • broyage d’automne

 

Pour l’achat des graines (10 kg 155 € le besoin est 15 kg à l’hectare) le besoin pour 2018 est estimé à 40 kg de graines soit 620 € qui se répartiraient en :

  • 10 kg pour nos diverses petites surfaces.
  • 10 kg pour le champ.
  • 10 kg pour le service technique municipal.
  • 10 kg pour la constitution des sachets.

 

Rattachée au Parc Naturel Régional de la Vallée de Chevreuse, la commune des Molières pourra prétendre à une subvention ainsi qu’à l’appui technique du PNRVC dès 2019. Dans cette attente, les services techniques devraient commencer dès le printemps 2018 par le fleurissement pilote de quelques zones sur les deniers de la commune. Cf carte.

Par ailleurs, nous avons démarché le mécénat d’entreprises. Les normes encadrant les domaines du Développement Durable RSE-RSO* (ISO 26000), du Management Environnemental (ISO 14001) des sociétés permet de financer un projet tel que le nôtre.

*ISO International Organization for Standardization NORMES.

*RSO Responsabilité sociétale des organisations  *RSE Responsabilité sociétale des entreprises

Week end tests VSH 2017

Dans les épisodes précédents, nous vous avons expliqué que les abeilles hygiéniques, c’est à dire celles qui détectent précocement les nymphes « malades » dans les alvéoles et les extraient rapidement avant que la loque ou d’autres maladies du couvain ne se propagent doivent être sélectionnées.  Notre but étant de produire (de façon naturelle) des abeilles résistantes au varroa, il nous semble capital de pouvoir relier d’une part ce comportement hygiénique qui représente l’immunité adaptative des abeilles -un peu comparable à celle qui nous permet de produire des anticorps- et d’autre part la « résistance » au varroa.  En effet, et c’est ce que représente cette dernière vidéo, ces abeilles sont appelées VSH parce qu’elles ont un comportement hygiénique spécifiquement dirigé contre le varroa.  Ainsi, nous essayons de sélectionner les abeilles, qui détectent rapidement et extraient les nymphes contaminées.  Néanmoins, y-a-t’il corrélation entre le comportement hygiénique général dont on vous a parlé dans les épisodes précédents, et le comportement spécifiquement dirigé contre le varroa ? That is the question.  Les études sont en cours comme vous avez pu vous en rendre compte, et nous ne manquerons pas de vous donner les résultats en primeur.

A la chasse aux varroas

Nous allons reprendre les choses au début.  Quand on veut lutter contre un fléau, il faut d’abord connaître son ennemi.  Dans ce billet et dans la vidéo associée, nous allons successivement voir comment évaluer la charge en varroas des colonies, puis dans le contexte particulier de nos recherches comment prélever un nombre important de parasites dans le but d’ensemencer les colonies à tester.

Parmi les méthodes qui permettent de compter (ou plutôt d’estimer) le nombre de varroas présents dans une ruche, nous avons choisi ici la méthode du lange graissé (sticky board).  C’est la moins performante, mais la plus simple.  Elle nous suffit dans le cas présent.

En fait, pour estimer le nombre de varroas dans une colonie, la méthode simplifiée de référence consiste à prélever environ 300 abeilles, les placer dans un récipient avec soit de l’éther (le mieux) soit de l’alcool à 70°, soit un détergent ou un surfactant comme du Tween ou du Triton.  Un liquide du type lave-glace est parfaitement efficace à faible coût.  Après agitation et séparation par filtration, le nombre de varroas est compté et le nombre de varroas présent dans la ruche est estimé (voir plus loin).  C’est ce que nous avons déjà préconisé précédemment, en particulier avec l’appareil EasyCheck.

La méthode du lange graissé consiste à placer sous la ruche (dont le fond doit impérativement être totalement grillagé) une feuille de plastique, carton fin glacé, … recouvert d’un film gras (plutôt une huile alimentaire neutre que du suif ou du saindoux qui vont rancir trop vite).  Le principe est d’empêcher les varroas tombés de fuir ou surtout de se faire transporter par les fourmis qui en sont friandes.  Après trois jours (plus en début de saison, moins lorsque la charge augmente en fin de saison), on compte le nombre de varroas tombés et on le rapporte au nombre de jour, ce qui donne le nombre de chutes journalier.  En l’absence de couvain (reine encagée par exemple) on multiplie par 250-500 pour obtenir le nombre de varroas.  En présence de couvain (situation la plus fréquente) on multiplie par 20-40.

Ceci permet à chaque apiculteur de surveiller ses ruches au long de l’année.  Pour nous, cela nous permet en plus de savoir quelles ruches seront de « bonnes » pourvoyeuses de varroas.

L’étape suivante va consister à récolter des varroas dans le but d’infester nos colonies (du moins celles que l’on veut tester).  Le paradoxe est que no colonies sont de plus en plus VSH (Varroa Sensitive hygiène), c’est à dire qu’elles nettoient les cellules contaminées.  Nous avons du mal à avoir des témoins infestés.  C’est pourquoi il est important que la communauté nous aide.

Nous utilisons la technique du sucre glace.  Cette technique qui est imparfaite pour le comptage est idéale pour la récolte des varroas.  En effet, elle préserve les abeilles que l’on peut réintroduire dans la ruche.  Attention, car les varroas ainsi prélevés et maintenus en milieu humide hors de la ruche ont une espérance de vie fortement diminuée (seulement 50% sont survivants à 24 h), c’est pourquoi il faut les introduire rapidement après prélèvement (en général le temps d’aller d’un rucher « donneur » à un rucher « receveur »).  Il est important d’avoir des papiers d’introduction dont la charge en varroas est homogène.  En effet, la variabilité introduite va s’ajouter aux autres facteurs de variabilité.

Le cynips du châtaignier : présentation du problème

Depuis plus de 700 ans la race humaine entretient une relation particulière avec le châtaignier.

Cette espèce se satisfait de sols acides, ce qui permet de valoriser des terres qui ne convenaient pas pour la cultures de céréales. Il apporte son bois pour la menuiserie, la construction, l’agriculture (clôtures, poteaux), le chauffage, et l’amidon de ses châtaignes permet de nourrir les hommes et les animaux.

Malheureusement, dans notre région les châtaigniers sont attaqués par un parasite provenant de chine, le cynips du châtaignier (Dryocosmus kuriphilus), et qui colonise l’Europe depuis 2002. La carte ci-dessous indique l’état de l’infestation en France en 2014.

Si nous n’intervenons pas, ce sera la fin d’une belle relation entre les châtaigniers et les habitants de nos régions. Sans parler des nombreux insectes pollinisateurs et de la faune sauvage pour qui les fleurs de châtaigniers et leur fruits représentent des ressources alimentaires qui pourraient disparaitre sous 3-4 ans.

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Le cynips du châtaignier : biologie du parasite

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Le nom commun de ce parasite est le « Cynips du châtaignier » ou Dryocosmus kuriphilus.

Source : Wikipedia

Originaire de Chine, il serait apparu en 1940 au Japon et en Corée, en 1974 aux États-Unis et seulement en 2002 pour la première fois en Europe.

L’espèce a été repérée en Italie, puis en 2005 en Slovénie et en 2007 dans le sud de la France (Saint-Dalmas-le-Selvage et Valdeblore dans les Alpes-Maritimes) où il a été rapidement éradiqué en brûlant les arbres infestés.

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