A la chasse aux varroas

Nous allons reprendre les choses au début.  Quand on veut lutter contre un fléau, il faut d’abord connaître son ennemi.  Dans ce billet et dans la vidéo associée, nous allons successivement voir comment évaluer la charge en varroas des colonies, puis dans le contexte particulier de nos recherches comment prélever un nombre important de parasites dans le but d’ensemencer les colonies à tester.

Parmi les méthodes qui permettent de compter (ou plutôt d’estimer) le nombre de varroas présents dans une ruche, nous avons choisi ici la méthode du lange graissé (sticky board).  C’est la moins performante, mais la plus simple.  Elle nous suffit dans le cas présent.

En fait, pour estimer le nombre de varroas dans une colonie, la méthode simplifiée de référence consiste à prélever environ 300 abeilles, les placer dans un récipient avec soit de l’éther (le mieux) soit de l’alcool à 70°, soit un détergent ou un surfactant comme du Tween ou du Triton.  Un liquide du type lave-glace est parfaitement efficace à faible coût.  Après agitation et séparation par filtration, le nombre de varroas est compté et le nombre de varroas présent dans la ruche est estimé (voir plus loin).  C’est ce que nous avons déjà préconisé précédemment, en particulier avec l’appareil EasyCheck.

La méthode du lange graissé consiste à placer sous la ruche (dont le fond doit impérativement être totalement grillagé) une feuille de plastique, carton fin glacé, … recouvert d’un film gras (plutôt une huile alimentaire neutre que du suif ou du saindoux qui vont rancir trop vite).  Le principe est d’empêcher les varroas tombés de fuir ou surtout de se faire transporter par les fourmis qui en sont friandes.  Après trois jours (plus en début de saison, moins lorsque la charge augmente en fin de saison), on compte le nombre de varroas tombés et on le rapporte au nombre de jour, ce qui donne le nombre de chutes journalier.  En l’absence de couvain (reine encagée par exemple) on multiplie par 250-500 pour obtenir le nombre de varroas.  En présence de couvain (situation la plus fréquente) on multiplie par 20-40.

Ceci permet à chaque apiculteur de surveiller ses ruches au long de l’année.  Pour nous, cela nous permet en plus de savoir quelles ruches seront de « bonnes » pourvoyeuses de varroas.

L’étape suivante va consister à récolter des varroas dans le but d’infester nos colonies (du moins celles que l’on veut tester).  Le paradoxe est que no colonies sont de plus en plus VSH (Varroa Sensitive hygiène), c’est à dire qu’elles nettoient les cellules contaminées.  Nous avons du mal à avoir des témoins infestés.  C’est pourquoi il est important que la communauté nous aide.

Nous utilisons la technique du sucre glace.  Cette technique qui est imparfaite pour le comptage est idéale pour la récolte des varroas.  En effet, elle préserve les abeilles que l’on peut réintroduire dans la ruche.  Attention, car les varroas ainsi prélevés et maintenus en milieu humide hors de la ruche ont une espérance de vie fortement diminuée (seulement 50% sont survivants à 24 h), c’est pourquoi il faut les introduire rapidement après prélèvement (en général le temps d’aller d’un rucher « donneur » à un rucher « receveur »).  Il est important d’avoir des papiers d’introduction dont la charge en varroas est homogène.  En effet, la variabilité introduite va s’ajouter aux autres facteurs de variabilité.

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